Cette série naît d’une méditation intime sur le deuil et ses traces invisibles. Elle s’attarde à ce qui demeure, s’enracine et transforme doucement le rapport au monde.
Ici, le deuil n’est pas un passage à franchir, mais un mouvement qui habite le vivant. Il se dépose en silence, persiste, altère la lumière du regard. Tantôt subi, tantôt apprivoisé, il devient une présence intérieure, discrète mais tenace.
Les racines, omniprésentes, portent ce passage. Elles évoquent l’ancrage des émotions dans la matière du vivant, tout en murmurant le lien à la terre et au cycle auquel tout revient. Elles disent à la fois la blessure et la continuité.
Des présences apparaissent, fragiles, traversées par des forces qui s’imprègnent et cherchent un point d’équilibre. Elles laissent entrevoir des passages — de la perte vers une forme de douceur possible, une réconciliation intime, encore incertaine.
Dans cette démarche, le dessin devient un espace de silence et d’écoute. Le graphite, le fusain, l’encre et le pastel y déposent des traces sensibles, comme autant de tentatives pour approcher l’invisible — avec retenue, avec délicatesse.